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Risques et dangers de l'hypnose: les faux-souvenirs.



V - Les faux-souvenirs

Risques et dangers de l'hypnose: les faux-souvenirs.
La mémoire réprimée est un ensemble de souvenirs oubliés et qui se réactivent parfois de manière violente. La véracité de ces souvenirs réactivés est difficile à affirmer. Cela d’autant qu’il est relativement aisé d’implanter de faux souvenirs dans la mémoire d’un sujet avec des conséquences dramatiques pour lui et son entourage, et ce, même avec la plus bienveillante intention du thérapeute.

En effet, en état de transe hypnotique, le patient est hypersuggestible et c’est ainsi d’ailleurs que les suggestions thérapeutiques sont perçues, acceptées, mémorisées et utilisées par le sujet. Si volontairement ou par mégarde, le thérapeute induit un message concernant la mémorisation d’un événement qui en fait n’a pas eu lieu, le patient peut le prendre pour réel tout aussi bien pendant la transe qu’à l’issue de celle-ci. De retour en conscience critique, cette nouvelle vraie-fausse information sera enregistrée par la mémoire du patient ainsi que son cortège d’émotions et il sera particulièrement difficile de lui faire admettre ensuite qu’il s’agissait d’un souvenir construit.

C’est peut-être l’effet le plus néfaste de l’utilisation de l’hypnose que l’introduction chez un sujet en état d’hypnose de faux souvenirs. Un questionnement inadéquat peut en favoriser l’implantation. Il s’en est suivi une épidémie dans les années 1990 aux États-Unis, d’accusations d’abus sexuels et d’incestes, qui se sont avérés erronés, ayant cependant fait l’objet de nombreux procès.

L’hypnose, notamment aux États-Unis, a aussi été utilisée à des fins judiciaires ou médico-légales (7) (8) (9). Des transes étaient induites par des praticiens en hypnose requises par la police ou la justice auprès de témoins, afin d’affiner leurs témoignages: retrouver une plaque minéralogique aperçue, dresser un portrait-robot, décrire une scène d’accident ou d’agression, etc., l’idée étant que l’information cherchée avait été vue par le témoin, mais qu’elle était enfouie dans son inconscient. L’hypnose ouvrant les portes de cet inconscient, on pensait alors que les témoignages seraient ainsi plus riches.

L’expérience a démontré qu’il n’en était rien, et qu’au même titre que précédemment, le témoin pouvait se voir suggérer de vrais-faux souvenirs par les questions du praticien, le plus souvent à l’insu même de ce praticien.

Des associations d’idées malencontreuses, liées aux questions, dessinaient une fausse réalité, conduisant ici aussi à des erreurs judiciaires.
Cette pratique est à ce jour abandonnée par les spécialistes.

Concernant ces faux-souvenirs et quel qu’en soit le motif, il est admis aujourd’hui que tout praticien en hypnose, professionnel de santé, se doit de refuser toute demande de patient ayant pour objectif de retrouver des souvenirs oubliés.

En l’absence actuellement, en France, de réglementation sur le sujet, réservant la pratique de l’hypnose thérapeutique aux seuls professionnels de santé, il reste possible à toute personne de s’installer comme hypnothérapeute. Ces praticiens non professionnels de santé pour l’essentiel s’autoriseraient alors à répondre à ce type de demandes, avec les conséquences que l’on connaît chez les patients.

Certains patients en prennent conscience et consultent ensuite des professionnels du soin pour corriger les troubles liés à ces faux-souvenirs, mais d’autres hélas ne consulteront plus et refuseront toute nouvelle prise en charge, y compris par un professionnel de santé laissant définitivement gravé en eux ces idées illusoires avec toutes les conséquences qui s’y rattachent.

Dans son livre, Michael Yapko(7) distingue quatre situations :
1 - celle où une personne sait et a toujours su qu’elle a été abusée,
2 - celle où une information indépendante confirme cette mémoire réprimée,
3 - celle où un thérapeute facilite le rappel d’une mémoire réprimée,
4 - enfin celle où un thérapeute suggère le souvenir oublié d’un abus.

7 - Yapko DM. Trancework. An introduction to the practice of clinical hypnosis. New York : Brunner & Mazel; 1990.
8 - Loftus EF. Eyewitness testimony. Cambridge, London : Harvard -University Press; 1981,1996.
9 - Loftus EF. The reality of repressed memories. American Psychologist. 1993;( 48): 518– 537.



Laurent GROSS
Hypnothérapeute à Paris, enseignant en EMDR - IMO, dirige le Collège d'Hypnose & Thérapies... En savoir plus sur cet auteur



Rédigé le 03/03/2020 à 22:41 | Lu 88 fois modifié le 03/03/2020



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