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Elisabeth : l’alcool pour tromper l’ennui ? Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°66


Rubrique "Bonjour et après" par Sophie COHEN


La patiente bien installée dans le cabinet de la thérapeute, la séance peut commencer.... Lorsque j’accueille Elisabeth au portail, je la vois chancelante, elle titube. Il est 15 heures. Elle fait de tous petits pas, lève peu les pieds. Son habillement est soigné. Son mari l’a accompagnée en voiture. Il l’attend. Nous entrons au cabinet.
- Sophie : « Bonjour, qu’est-ce qui vous amène ?
- Elisabeth : Je suis alcoolique.
- S. : Madame Alcoolique... et votre prénom ?
- E. : Non, non, je suis Madame B. Elisabeth. Je bois, c’est pour cela que je viens.
- S. : D’accord. Si j’ai bien compris, vous êtes Elisabeth B. et vous souhaitez... Quel est votre objectif ?
- E. : Je voudrais réduire la boisson.
- S. : Qu’avez-vous déjà tenté pour arrêter de boire ?
- E. : J’ai suivi deux cures de désintoxication d’un mois et demi avec hospitalisation, sans effet. J’ai fait partie des Alcooliques anonymes un an ou deux. Il y avait le soutien du groupe, une bonne ambiance et l’animateur était sympa. Mais nous habitons trop loin et j’ai cessé d’y aller. L’hiver, c’était trop difficile. Au début ça fonctionnait bien.
- S. : Pouvez-vous me décrire votre relation à l’alcool ?
- E. : Je ne bois que du rosé. Je suis épuisée. Je me réveille à 2 heures du matin et je ne dors plus. Je me cache pour boire avant et après le repas de midi. Mon mari me donne un verre le midi.
- S. : Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur vous ?
- E. : J’ai été institutrice jusqu’à 55 ans. J’en ai 73 aujourd’hui. J’ai travaillé ensuite dans la location de véhicules. J’ai trois grandes filles qui habitent loin. Nous avons quitté la ville pour venir ici. C’est ici que j’ai commencé. Nous avons acheté une maison avec un emprunt jusqu’en 2024. Il y avait des travaux à faire pour la maison. J’habite un hameau de trente âmes.
- S. : Comment occupez-vous vos journées ?
- E. : J’ai deux voisines dans le hameau que je vois de temps en temps. Mon mari passe sa journée à faire des recherches sur l’ordinateur.
- S. : Sur le plan de la santé, ou en êtes-vous ?
- E. : J’ai été voir un neurologue, j’ai des problèmes de mémoire et d’équilibre. Avec ça, je ne peux plus marcher. Je n’ai plus d’énergie.
- S. : Elisabeth, vous m’arrêtez si je me trompe, vous buvez du rosé, environ une bouteille par jour depuis quelques années. De ce fait, vous avez des problèmes de mémoire, de concentration, d’équilibre et de sommeil. Est-ce exact ?
- E. : Je ne sais pas si c’est le rosé qui fait ça.
- S. : Qu’en pensez-vous ? Est-ce que le rosé est utile ou néfaste par rapport à vos problèmes de sommeil ?
- E. : On m’a dit que ça n’aidait pas...
- S. : Est-ce que le rosé est utile ou entravant par rapport à vos problèmes d’équilibre ?
- E. : Oui, oui, ça ne doit pas aider...
- S. : Est-ce que le rosé est utile ou toxique par rapport à vos problèmes de concentration ?
- E. : Ça ne m’aide pas.
- S. : De quoi avez-vous besoin ?
- E. : J’ai besoin d’humour, de sorties. Avant, je voyais du monde et je sortais un peu.
- S. : Si j’ai bien compris, vous êtes isolée, vous vous ennuyez et pour passer le temps vous buvez, ce qui a pour conséquence de vous fatiguer, de créer des problèmes qui vous empêchent de marcher, de vous concentrer, de sortir et de conduire, est-ce exact ?
- E. : Oui, c’est ça.
- S. : En fait, vous n’avez aucun problème avec l’alcool. L’alcool n’est pas un problème. C’est une solution que vous avez tentée pour remédier à votre ennui. Aujourd’hui, cette solution a créé un nouveau problème, l’alcool, sans résoudre le premier qui est l’ennui. Est-ce que j’ai bien compris ?
- E. : Oui, c’est exactement ça.
- S. : Donc, vous avez créé un problème, l’alcool, qui ne résout pas le premier problème, l’ennui, et qui vous empêche de faire ce que vous aimiez faire : balades, lectures, cours d’anglais, sorties... Je peux vous accompagner si vous êtes d’accord pour faire une expérience. Etes-vous prête à ce que je vous aide ?
- E. : Oui, je suis là pour ça.
- S. : Oui, mais vous m’avez dit tout au début de notre rencontre vouloir réduire l’alcool et pas l’arrêter, la condition de mon accompagnement est d’arrêter complètement. Etes-vous prête ?
- E. : Oui, je suis d’accord.
- S. : Je vous propose de faire une séance d’hypnose que j’enregistre et que je vous demande de réécouter tous les jours. Vous l’écouterez tous les matins. Je vous demande de ne plus boire d’alcool du tout. A chaque fois que vous avez envie de boire, vous prenez une grande tasse de tisane, celle dont vous m’avez parlé et que vous aimez bien. Pour le sommeil, nous allons enregistrer une autre séance que vous écouterez le soir au coucher. » Les deux séances se font en…

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SOPHIE COHEN

Psychologue, pratique l’hypnose depuis plus de vingt ans. Intervient dans de nombreux instituts ou diplômes universitaires en France et à l’étranger. Directrice de l’iconographie de la revue « Hypnose & Thérapies brèves » et rubrique « Livres en bouche ».


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N°66 : Aout / Septembre / Octobre 2022

Dans ce n°66, nous verrons comment aider les personnes qui nous consultent à sortir des effets des histoires dissociatives dans lesquels elles sont enfermées. Le questionnement développé dans les thérapies brèves est une aide essentielle pour rendre possible l’activation des processus de réassociation.

Edito:
. Julien Betbèze : Approche stratégique et acceptation de la solitude
. Alain Vallée développe un exemple clinique nous montrant comment la conversation d’engagement ouvre de nouvelles possibilités d’agir chez un sujet présentant un diabète de type 2 et qui ne parvenait pas jusque-là, malgré les risques somatiques, à modifier sa relation à l’alimentation.

Spécialiste mondialement connu de l’approche stratégique, Giorgio Nardone explique l’importance de différencier trois manifestations différentes de la solitude. Il enseigne comment apprendre à être avec les autres, et le chemin vers l’acceptation de la solitude, acceptation nécessaire pour faire vivre une relation.

Véronique Cohier-Rahban poursuit sa réflexion sur la prise en charge des enfants soumis aux effets des violences intergénérationnelles. Elle nous montre comment Armel, enfermé dans le rôle « d’enfant problème », va se libérer de son rôle sacrificiel par le questionnement circulaire et la mise en place de relations de coopération dans la famille.

A travers le cas de Marthe, enfermée dans son monde de détresse et d’inquiétude, Arnaud Zeman décrit comment le thérapeute, en se mettant en lien avec ses ressources relationnelles, accueille ses ressentis corporels et ses affects pour construire un accordage avec un sujet prisonnier de son vécu dissociatif. Cet accordage est le premier pas vers un nouveau positionnement rendant possible le changement.

Le dossier thématique sur le lien thérapeutique se poursuit avec Karine Ficini qui nous fait part de l’histoire de Daniel, orphelin à l’âge de 4 ans, et dont les étapes de vie sont marquées par le pouvoir du monde abandonnique. Avec l’utilisation des mouvements alternatifs et de questions centrées sur la traduction corporelle de la confiance en soi, elle tisse un nouveau lien humain qui génère une nouvelle action signifiante pour le sujet.

Bertrand Hénot utilise le questionnement narratif et solutionniste pour aider Louis à modifier son regard sur les services sociaux et sur lui-même, afin de réinvestir son rôle de père et se mettre en chemin pour retrouver la garde de son fils.

Dans l’espace « Douleur Douceur », Gérard Ostermann nous présente trois articles sur l’apport de l’hypnose en gériatrie.

Sarah Muller, dans son article sur les conversations hypnotiques en psychogériatrie, nous raconte comment Mme D. qui présente un diagnostic de Démence fronto-temporal, intègre l’Ehpad à 92 ans, suite à une chute, et va bénéficier d’un accompagnement complet à la toilette, effectuée au lit.

Véronique Treussier-Ravaud expose le cas clinique de Mme L.F. patiente âgée qui souffre de troubles cognitifs sévères. Une séance d’hypnose pendant sa toilette, avec ancrage musical et techniques apaisantes, a pour bout de la réinstaller dans un état de bien-être.

. Blandine Rossi-Bouchet, orthophoniste, nous explique comment elle utilise l’hypnose dans sa pratique quotidienne auprès des personnes âgées.

Dans la chronique « Bonjour et après », vous trouverez les premières consultations d’Elisabeth qui noie son ennui dans l’alcool. Sophie Cohen utilise le questionnement stratégique et l’hypnose pour aider la patiente à quitter ses tentatives de solution.

Enfin, Nicolas D’Inca nous livre un article passionnant sur le chamanisme et les animaux de pouvoir pour retrouver les liens au monde vivant.

Crédit photo Jean-Michel HERIN

Masterclass exceptionnelle en Hypnose, EMDR - IMO sur les Addictions de Pascal VESPROUMIS à Paris

Le CHTIP Collège Hypnose Thérapies Intégratives Paris en association avec l'Institut In-Dolore et Hypnotim de Laurence ADJADJ, ont le plaisir de recevoir Pascal VESPROUMIS, médecin addictologue, pour une Masterclass de 2 jours à Paris, sur Hypnose, EMDR - IMO, Tabac et autres Addictions: Pourquoi, comment et avec qui ?

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Laurent GROSS
- Hypnothérapeute à Paris 11. - Formateur en EMDR - IMO et Hypnose. - Dirige le CHTIP Collège... En savoir plus sur cet auteur



Rédigé le 12/03/2023 à 21:53 | Lu 802 fois modifié le 29/05/2023



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